La filière textile : une industrie complexe et mondialisée

Avec des fournisseurs aux quatre coins du globe et de nombreuses phases de fabrication, l’industrie textile est sans doute la plus internationalisée. Elle part de l'agriculture pour arriver à l'industrie, emploie beaucoup de mains d'œuvre non qualifiée sur des territoires en concurrence, elle a donc de nombreux impacts environnementaux comme sociaux.

Dans un contexte de mondialisation des échanges, la course au produit le moins cher engendre souvent une dégradation des conditions sociales et environnementales de production (conditions de travail, salaires, toxicité des produits pour les employés et pour le consommateur final, rejets polluants...) L'entreprise responsable, qui fabrique et commercialise ses produits dans une recherche de qualité globale peut être contrainte de suivre cette tendance de moindre qualité pour maintenir ses parts de marché.
Pour répondre à cette complexité, le programme Fibre Citoyenne crée un cadre de développement durable sur l'ensemble de la filière de production.

Comment fonctionne la filière textile ?

Comment fonctionne la filière textile ?

A partir de la fibre, au moins 5 étapes sont nécessaires à la fabrication d'un vêtement. La culture de la fibre,  la filature, le tissage, la teinture, la confection.

Par exemple, pour un vêtement fabriqué majoritairement avec du coton, après avoir été récoltées les fibres de coton sont triées, nettoyées afin d’éliminer les salissures puis filées. Afin de faciliter les traitements de filature, des agents de préparation (lubrifiants et agents d’humidification) sont utilisés. Ces agents seront ensuite éliminés et pourront se retrouver dans les eaux usées.

A partir des fils, on va fabriquer du tissu qui va être encollé. Les produits d'encollage devront être éliminés pour ne pas gêner le processus d'ennoblissement (teinture, finition, apprêts). Ces produits dits produits auxilliaires textiles pourront se retrouver dans les bains résiduaires et les eaux de traitement.

Le tissu sera ensuite teint. La teinture implique l'usage d'un certain nombre de produits chimiques et de produits auxiliaires qui se retrouvent en général dans les rejets. Les impacts environnementaux considérés à cette étape sont des rejets des bains de teinture ; des bains de lavage et rinçage après teinture, des eaux de nettoyage du matériel. Les textiles peuvent être teints au cours de n'importe quelle phase du procédé de fabrication selon la présentation de la matière (bourre, fil, étoffe).

La phase de tissage peut nécessiter des apprêts de synthèse, c'est à dire tous les traitements chimiques, physiques et mécaniques, qui servent à donner aux textiles les propriétés d'usage final souhaitées (toucher, effet visuel, imperméabilisation, ininflammabilité…). C’est la phase d’ennoblissement.
Le textile est ensuite confectionné, distribué, utilisé, nettoyé, éliminé ou revalorisé

Quels sont les enjeux sociaux et environnementaux du secteur ?

Quels sont les enjeux sociaux et environnementaux du secteur ?

Aujourd'hui, chaque étape de fabrication peut se faire dans un pays différent. Au cours de chaque étape - de la fibre à la confection – des hommes et des femmes travaillent à la fabrication de ce produit et l’environnement est sollicité d’une façon ou d’une autre.

Dans l’exemple du coton,  sa culture représente plus de 10% de la consommation mondiale de pesticides et ¼ des insecticides. L’utilisation massive de ces produits a pour conséquence l’appauvrissement des sols, la résistance croissante des insectes ainsi que la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques. Outre les effets désastreux sur l’environnement, la contamination des eaux douces entraîne d’énormes dégâts sur la santé humaine dans les régions de culture (nombreuses maladies et malformations chez les paysans et leurs familles).

Le coton peut être cultivé à un endroit, filé et tricoté dans un autre et parcourir plusieurs milliers de kilomètres avant d'être confectionné dans un autre pays. Les transports se font soit par camions, soit par bateau et même parfois par avion ce qui génère une pollution supplémentaire.

Les phases de filature et de tissage sont consommatrices d'énergie, d'électricité. Les phases de teinture et d'ennoblissement utilisent principalement des produits chimiques, parfois nuisibles pour la santé, comme certains colorants azoïques cancérogènes, et polluantes si les eaux usées n'ont pas été traitées.

La phase de confection subit une concurrence  autour du coût de la main d'oeuvre la moins chère. Dans les pays  Les cadences de travail sont souvent difficiles, les salaires peu élevés.

Face à la contrainte du moindre coût, de multiples entreprises sous-traitent ou délocalisent les étapes de fabrication dans des pays qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires, sociales et environnementales que les entreprises européennes.  

Les impacts sociaux et environnementaux des phases de production, ainsi que les risques en matière de santé des utilisateurs (innocuité du produit fini) diffèrent selon la nature de l'article, sa composition, ses process, phases et lieux de fabrication. La première étape pour maîtriser les enjeux du développement durable est de travailler sur la traçabilité des approvisionnements et de la confection.
Fibre Citoyenne est aujourd'hui le seul programme qui couvre les trois aspects du développement durable, l'économique, le social, l'environnemental.
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